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Aznavour

Charles AZNAVOUR Comme ses meilleurs confrères (parmi lesquels il admire particulièrement Léo FERRÉ ou les BEATLES), il a souvent su marier remarquablement l’art populaire de la chanson avec une grande subtilité musicale et littéraire, cultivant un soin maniaque du détail. Prenez par exemple son grand succès de 1963, For me formidable : Les paroles de Jacques PLANTÉ lui ont inspiré un beau morceau de style swing, dont la mélodie chaloupée et l’orchestration pour big band  illustrent élégamment le clin d’œil du texte à la culture anglo-saxonne. Mais le chanteur ne s’arrête pas là, et souligne les astucieux jeux de mots bilingues aussi discrètement qu’efficacement, grâce à une diction impeccable lui permettant de jongler avec virtuosité entre les accents anglais et français. Il suffit d’écouter cette médiocre reprise par les chanteuses commerciales ALIZÉE et JENIFER pour mesurer la qualité de l’interprétation de notre Charles national : “Very véritable”, “daisy désirable”, “see me si minable”, “canaille can I” : où est passée la jolie “musique d’accents” que nous offrait malicieusement Aznavour ? Ici, tout est fade et indifférencié, avalé dans une langue sans saveur, qui n’est ni “de Molière” (avec les “rrrr” qui roulent de manière caractéristique dans le mot “formidable”), ni, encore moins, “de Shakespeare” (avec les … Continuer à lire

Charles AZNAVOUR

Comme ses meilleurs confrères (parmi lesquels il admire particulièrement Léo FERRÉ ou les BEATLES), il a souvent su marier remarquablement l’art populaire de la chanson avec une grande subtilité musicale et littéraire, cultivant un soin maniaque du détail. Prenez par exemple son grand succès de 1963, For me formidable :

Les paroles de Jacques PLANTÉ lui ont inspiré un beau morceau de style swing, dont la mélodie chaloupée et l’orchestration pour big band  illustrent élégamment le clin d’œil du texte à la culture anglo-saxonne.

Mais le chanteur ne s’arrête pas là, et souligne les astucieux jeux de mots bilingues aussi discrètement qu’efficacement, grâce à une diction impeccable lui permettant de jongler avec virtuosité entre les accents anglais et français. Il suffit d’écouter cette médiocre reprise par les chanteuses commerciales ALIZÉE et JENIFER pour mesurer la qualité de l’interprétation de notre Charles national :

“Very véritable”, “daisy désirable”, “see me si minable”, “canaille can I” : où est passée la jolie “musique d’accents” que nous offrait malicieusement Aznavour ? Ici, tout est fade et indifférencié, avalé dans une langue sans saveur, qui n’est ni “de Molière” (avec les “rrrr” qui roulent de manière caractéristique dans le mot “formidable”), ni, encore moins, “de Shakespeare” (avec les “r” onctueux des crooners sur “for me”) !

Aznavour